Ce que la course m'a appris sur l'amour

Par Mireille – Psychologue & cofondatrice de l’agence Alchimie

Je cours depuis longtemps. Pour ce que ça remet en ordre quand tout le reste déborde.

Trente minutes sur un chemin et les choses reprennent leurs proportions.

Et depuis quelques années, je n'arrive plus à m'empêcher de faire le parallèle avec ce que j'observe dans les histoires d'amour des gens que j'accompagne.

Ce qui se construit sans faire de bruit

En endurance, les progrès sont invisibles pendant l'effort. On rentre épuisée, un peu frustrée, convaincue d'avoir stagné. Et puis un matin, quelque chose a changé. On respire mieux. On tient plus longtemps. On est à l'aise là où on souffrait avant.

Ce que deux personnes construisent ensemble ressemble à ça. Ça ne fait pas de bruit. Un détail retenu trois semaines après une conversation anodine. Un silence qui, progressivement, devient doux au lieu d'être pesant. La preuve que quelque chose se construit. 

Ce que j'aime dans la course ? On ne peut pas tricher longtemps. Ce qui compte, ce n'est pas la sortie héroïque du dimanche. C'est le fait de rechausser les baskets le mardi, sous la grisaille, sans vraiment savoir pourquoi. 

Je reconnais cette régularité dans les couples qui tiennent. Ceux qui se rechoisissent dans le quotidien dans la décision tranquille d'être là, de revenir, d'être présents même quand la vie déborde.

L'électricité du début, la légèreté d'une première rencontre qui se passe bien, tout ça existe et c'est précieux. Mais le sport m'a appris que l'étincelle et la durée ne s'excluent pas. Parfois, l'un ouvre la porte. L'autre la tient ouverte.

En trail, on apprend vite qu'on ne contrôle pas tout. Pas la météo, pas la forme du jour, pas la façon dont les jambes répondent à 30 kilomètres. Ce qu'on peut faire, c'est se montrer. Avancer. Et faire confiance.

En amour, cette confiance-là est parmi les choses les plus difficiles à trouver, et les plus libératrices quand on y arrive.

Pour un premier rendez-vous, proposez une marche

Si je devais donner un seul conseil pratique, ce serait celui-là : pour une première vraie conversation, marchez au lieu de vous asseoir face à face.

Assis l'un en face de l'autre, on se sent observé. On guette les réactions, on cherche la bonne réponse, on calcule. C'est une posture de jugement, même quand personne ne juge. En marchant côte à côte, le regard part vers le chemin, les épaules se relâchent, et la parole se libère. Les confidences arrivent plus facilement quand on ne se fixe pas dans les yeux.

Vision Alchimie

Chez Alchimie, on croit à ça : des rencontres qui reposent sur quelque chose de vrai dès le départ, et qui ont donc une chance réelle de tenir.

Notre rôle, c'est de créer un espace où deux personnes peuvent se rencontrer sans pression de performance, sans urgence de conclure. Avec la conviction que ce qui se construit avec soin et patience a les meilleures chances de durer.

Comme une belle course.

On ne sait pas toujours ce qu'on trouvera au bout.

Mais on sait pourquoi on est partie.

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